NDDL : Lettre envoyée aux députées des deux premières circonscriptions

Madame la députée,

Le groupe local Europe Ecologie les Verts tient par la présente à vous exprimer son inquiétude et sa totale réprobation face à l ’expulsion très violente de la ZAD de Notre Dame des Landes, à laquelle se livrent actuellement 2 500 militaires sur armés et équipés pour mener une guerre, dans une disproportion exorbitante de moyens, qui révolte bien au delà des cercles militants.

En dépit de promesses publiques, mais mensongères, faites par la représentante de l’Etat sur place, la préfète de Loire Atlantique, c’est à une véritable éradication d’une expérience de vie différente, que se livre le gouvernement. Aucune volonté de dialogue, ici comme ailleurs, n’a été affichée ou alors pour mieux tromper. Les moyens de destruction utilisés sont spectaculaires et traduisent la férocité avec laquelle tout doit être détruit, y compris, et surtout, les bases d’exploitations agricoles et d’expérience de vie qui étaient viables, dans une autre conception du modèle dominant.

Permettez nous de vous rappeler, car peut être ne l’avez-vous pas vécu, que dans la même situation juridique, en 1981, le gouvernement français a laissé vivre le Larzac et les jeunes qui s’y étaient implantés sur des terres appartenant à l’Etat. Aujourd’hui tout le monde s’en félicite.

Nous revivons une époque que nous croyons révolue, du contrôle autoritaire de l’information, de la mise à l’écart des journalistes et des reporters d’images, au bénéfice de l’information formatée par la police d’état. Mais pour un maigre résultat car aujourd’hui il n’est plus possible de mener ces actions en toute discrétion. Les images « volées » qui inondent aujourd’hui, et pour longtemps, les médias ne sont pas prisonnières des agents de la censure.

Nous sommes également très choqués par la volonté de dénigrement que manifeste votre gouvernement à l’égard de toute opposition. A Notre Dame des Landes votre propagande s’est acharnée à présenter les occupants, parmi lesquels certains sont là depuis 5 ans, comme des casseurs, ce qui, pour tous ceux qui se sont rendus sur place n’est absolument pas le cas.

C’est ce même dénigrement qui est utilisé à l’égard des cheminots ou des retraités, tous étiquetés « nantis ».

Nous sommes inquiets de l’évolution autoritaire et antidémocratique de ce gouvernement et de cette Présidence de la République et nous sommes certains que vous saurez, en tant qu’élue locale, vous faire l’écho de cette émotion auprès d’eux.

Dans cet espoir, nous vous adressons l’expression de nos sentiments démocratiques.

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