9 novembre 2018

Une délégation de militants écologistes du Chablais et d’Annecy est venue lundi dernier interpeller le Conseil Départemental de Haute Savoie réuni en cession budgétaire. Elle protestait contre l’inscription d’une ligne de 100 M€ pour accompagner la construction de l’autoroute entre Annemasse et Thonon, censée désenclaver le Chablais. Un projet vieux maintenant de plus de quarante ans .

Au moment où la pression de l’activité humaine sur le climat devient concrètement visible et de plus en plus insupportable et reconnue, le Conseil Départemental de la Haute Savoie, unanime, choisit les solutions du 20ème siècle passé : le développement de grandes infrastructures routières, le transport par camions, le déplacement en voitures.

Outre la disparition de nombreuses terres agricoles et un impact environnemental considérable, cette construction va à l’envers de l’histoire. Faciliter par exemple le transport par camion de la production de l’usine des Eaux d’Evian, alors que celle-ci se fait depuis toujours par le train, choisir des investissements énormes qui auraient pu se placer dans des transports plus respectueux de l’environnement et beaucoup moins consommateurs d’hydrocarbures et moins producteurs de gaz à effet de serre.

Au moment où se met en place la liaison ferroviaire du CEVA qui vient entamer la rénovation du réseau ferré de Haute Savoie très déficient, ce choix laisse à penser que les élus du Conseil Départemental, qui se targuent d’excellence environnementale, n’ont pas réellement pris la mesure des défis climatiques qu’ils auraient pu constater en se rendant simplement sur les bords du lac à deux pas de l’hôtel départemental.

Une nouvelle fois le choix de la politique, suicidaire, du tout routier, largement dominante en Haute Savoie, a été fait au détriment des risques, aujourd’hui connus, qu’il fait courir à la santé publique en entretenant dans le département une qualité de l’air médiocre, voire catastrophique.

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